Un progrès bancal ?…

« Y a-t-il un pilote dans l’avion ? »

Oui, et pas forcement mauvais, mais assis loin, très loin, de l’arrière de l’avion.

Il sait en théorie qu’il y a un arrière, et qu’il y a des mesures urgentes a prendre, mais, séparé de cette zone par la bruyante et exigeante « business class », il ne connaît pas ceux qui la peuplent, et reste dans la théorie.

(Remarquez, on a les mêmes styles de pilotes chez nous, ils ont seulement mieux étudié leurs discours… )

CouleursEn effet, de nombreuses initiatives montrent que le gouvernement se soucie de sa population : la scolarisation touche tout le monde, on construit même des écoles (très laides), avec des petites maisons en dur autour (très vilaines elles aussi) jusque dans les coins les plus reculés des plateaux désertiques (vu récemment un tel hameau en construction au beau milieu de la plaine du Naqab, en contrebas du dernier tronçon de la Route du Roi…).

Ce qui serait gentil, par exemple, ce serait de construire écoles et maisonnettes dans le style des bâtiments officiels, surtout au milieu d’un désert assez photogénique quand même, c’est-à-dire avec revêtement de pierre claire (quand on veut, on sait faire..)

On construit (et surtout dans le sud, carrément sous-développé comparé au nord – chanson connue !) des hôpitaux neufs, équipés, agréables… Des universités, aussi, dont la dernière, qui a l’ambition d’être la plus grande du pays, sur un campus gigantesque qui jouxte la petite bourgade de Ma’an (les émeutes du pain, dans les années 80.. ça vous dit quelque chose ?).

Les fille étudient, a présent, issues de toutes les classes sociales, et le nombre des étudiantes dépasse largement celui des étudiants !… Normal, elles sont plus sérieuses, travailleuses, et déterminées que les garçons, nettement plus paresseux… et puis, si elles veulent trouver mari, elles ont intérêt a apporter une profession – et donc un revenu régulier – dans la corbeille de mariage !

Tout ça serait très bien, si par ailleurs le coût des études (tel celui du mariage pour le garçon), n’était carrément prohibitif…

Ceux ou celles dont le père est militaire (ou policier, actif ou en retraite), ont les études gratuites ..et ça fait tout de même pas mal de monde, car en Jordanie faire l’armée a toujours été – et est encore – très populaire ! Pas vraiment étonnant, le rythme étant d’une semaine a la caserne / une semaine à la maison, et à la caserne, dire qu’on ne se fatigue pas trop est un euphémisme…

Les étudiants d’excellence (plus de 18/20 de moyenne au bac – et au bac jordanien, il faut la moyenne dans CHAQUE matière !) ont également la gratuité. Mais les autres ont à se débrouiller avec des tarifs allant de 3 a 20 dinars de l’heure selon la matière, et bien sûr l’investissement technologique nécessité par celle-ci.

Si bien que l’accès aux professions les plus rémunératrices (technologies informatiques, etc..) est de fait plutôt réservé aux enfants déjà issus de la bourgeoisie.

Ici aussi l’ »ascenseur social » a des ratés…

Quand aux soins, et a l’accès aux hôpitaux, s’ils sont gratuits pour certaines catégories de bédouins, ils sont parfaitement prohibitifs pour le jordanien moyen (celui dont on parlait tout à l’heure, qui gagne 200 JD par mois)…

Ce qui manque ici ?

La sécurité sociale !

Il y a bien un système de sécu pour les fonctionnaires et récemment pour les employés d’entreprises de plus de 4 personnes, mais il est loin de toucher tout le monde.

On constate donc de grandes inégalités devant les soins, les petits commerçants, chômeurs, etc.. étant les plus mal lotis..