Un marche du travail paradoxal : chômage et postes non pourvus

Le jordanien au travail : une mentalité « rond de cuir » digne de Courteline..

Dans les années 70, une taxe bancaire sur les envois d’argent au pays de ceux qui étaient partis faire fortune dans le Golfe ou en Arabie Saoudite a suffi a assurer au gouvernement un revenu suffisant pour créer une pléthore de postes dans la fonction publique, l’activité principale de ces nombreux fonctionnaires étant de

rester assis…

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERALe male jordanien (a l’époque le travail des femmes était rare et non nécessaire, le salaire, modeste, suffisait amplement aux besoins des ménages – un peu comme dans les années 60 en France) s’est ainsi habitué a un travail « au bureau », lui permettant de faire vivre sa (grande) famille en se fatiguant le moins possible…

Cette mentalité lui est restée aujourd’hui, alors que la donne économique a totalement changé.

Ainsi, de nombreux postes intermédiaires entre bureau et travail purement manuel, tel que contremaître de chantier, etc.. trouvent très difficilement preneur.

Dans certains secteur, ce manque de volontaires est pallié par l’emploi de travailleurs étrangers, égyptiens, syriens, irakiens, dans la restauration et l’hôtellerie, la construction, mais des règlements stricts interdisent le fait dans de nombreux autres secteurs.

Hormis conduire un véhicule (considèré comme valorisant, et l’on voit des chauffeurs faire des journées aberrantes !), on constate rarement le zèle au travail de l’homo jordanicus..

La pause de deux heures dure trois ou quatre, le mariage de la nièce (à l’autre bout du pays bien sûr) dure 5 jours au lieu des deux annoncés, il faut conduire (en taxi) madame et le bébé au centre médical (madame ne saurait prendre seule le taxi.. !), rendre visite au grand-oncle hospitalisé, sans compter les naissances, mariages et autres enterrements (relire a ce sujet l’excellente courte pièce de Courteline intitulée « Monsieur Badin » : elle donne l’idée exacte du jordanien au travail…

Lorsque l’emploi d’étrangers est permis, il ne faut donc pas s’étonner que les employeurs préfèrent… ceux-la au moins sont ici pour bosser !