C’est l’hiver à Wadi Rum

hiver à Wadi Rum

L’hiver est venu quasiment d’un coup.

Début novembre, c’etait encore l’été : on dormait à la belle étoile, et, si les vraies chaleurs se faisaient plus rares, on marchait encore pieds nus..

Trois semaines à peine plus tard, la bise souffle, des nuages serrés courent dans le ciel, et la tente est de rigueur la nuit. Quelques regains de douceur, bien sûr, où l’on s’étonne d’une tiédeur soudaine au soleil, mais ça ne dure que trois ou quatre heures, et dès le milieu de l’après-midi on réenfile la polaire, le bouson..

Et voila, on est le premier décembre et c’est l’hiver.

Les lumières d’hiver sont extraordinaires.. Les teintes mauves et violettes dominent, les couleurs ne sont plus écrasées à l’heure de midi, la palette en est plus riche aussi.

Ce sont comme des visions d’autres mondes, saisissantes d’étrangeté, lorsque s’ouvre une large échappée entre deux montagnes et que soudain surgissent ces pans de rochers où jouent le soleil et les nuages, projetant des fantasmagories mouvantes sur la pierre et le sable..

Le contraste est impressionnant, entre les parties ensoleillées, éclatant de lumière vive et de couleurs brutes, et l’ombre, qui semble par endroits presque noire..

Magie de Wadi Rum en toute saison..

A présent les bédouins font le feu sous les tentes, on boit le thé chaud.. la nuit tombe à 5 heures.. on cause doucement.

Je reste dans mon désert apres que tout le monde est parti, car c’est là mon chez-moi..

C’était pleine lune, il y a huit jours : lors des pleines lunes d’hiver, l’astre brillant monte haut, tout en haut du ciel, à la verticale exactement au milieu de sa course nocturne.

Alors le sable est rouge, le ciel bleu et lumineux, et les parois de pierre sculptées par l’eau et le vent ruissellent de cette lumière blanche qui les fait apparaître sous un aspect inattendu, parfaitement irréelles et étrangement familières, comme si on les avait déjà vues dans des rêves, il y a très longtemps..