La vie quotidienne à Wadi Rum

La vie quotidienne à Wadi Rum

A Rum habitent environ 2000 personnes, tous appartenant à la tribu des Zalabieh.

Autrefois il y a eu d’autres tribus, mais à présent il n’y a plus qu’eux.

Parmi les bédouins de Rum, on distingue en gros deux sous-groupes : les bédouins à moutons (et chèvres) et les bédouins à touristes. (Nota : en arabe, le mot « ghanam » désigne moutons et chèvres indifféremment, car les deux espèces sont la plupart du temps réunies dans un même troupeau. C’est pratique, contrairement au français qui nécessite les deux termes.. à moins d’adopter le vocable peu élégant certes mais parlant de « bêêê »)

Les premiers sont de moins en moins nombreux : une dizaine de tentes bédouines seulement sont installées à l’intérieur du désert.

Les seconds sont en augmentation constante.

Le touriste rapporte plus que le mouton, c’est mathématique. Il coûte plus cher à nourrir (à part en période de ramadan durant laquelle les moutons, chèvres, chiens, renards et autres quadrupèdes sont gavés des restes des plats excessivement copieux destinés à compenser le jeûne diurne) mais il possède sur le bêêê l’avantage indéniable d’avoir des poches, en général pleines de dinars, dollars ou euros..

Pas besoin non plus de le nourrir à 5h du matin ; ni de marcher des heures avec, à l’exception d’une espèce particulière dénommée « trekkeur », originaire essentiellement de France, et à laquelle on soutire habituellement encore plus de sous, parce que tout de même marcher c’est fatiguant.

Les bédouins à moutons et chèvres sont en général des bédouines. La tente appartient le plus souvent à un couple âgé ; ils préfèrent vivre dans le désert, qu’ils ont toujours habité, plutôt qu’au village, enfermés dans une maison où ils se sentiraient mal à l’aise.

Parfois il y a juste une mamie et son fils aîné, avec sa femme et ses enfants, tant qu’ils n’ont pas atteint l’âge scolaire, 6 ou 7 ans.

La plupart des adultes vivent au village, école oblige, mais aussi tourisme.

En fait, tous les bédouins possédant une 4×4 (c’est-à-dire tout le monde) ont inscrit celle-ci à l’association des 4×4 numérotées de Rum et véhiculent les touristes lorsque c’est leur tour (il s’agit généralement des tours pour les groupes voyageant en autocar et restant peu de temps dans le désert). Même ceux qui vivent sous la tente le font, aucune source de revenus n’étant à négliger.

Qui donc s’occupe des bêêê, les nourrissent, traient chevres et brebis, marchent des kilomètres avec eux pour qu’ils trouvent pâture à leur goût ? Ce sont, comme cela a toujours été (mais autrefois les hommes marchaient aussi), les femmes, les filles bédouines, les grand-mères.. Um Aoudah, une amie, quatre fils, sept filles et quarante et un petits-enfants (et soixante et un ans après calculs !) parcourt régulièrement les wadis autour de sa tente avec son troupeau, même si elle n’a plus que 65 têtes au lieu de la centaine d’autrefois. Les filles pas encore mariées l’aident, et font elles aussi des kilomètres à pied..