Le billet du jour

A Wadi Rum, il se passe beaucoup de choses..

Il est 8 heures environ en cette belle soirée de fin mai.

Nous nous trouvons au campement d’Ali, près du sîq de Khazali, Ahmed est en train de préparer le dîner. (On notera au passage que dans le désert, sauf exception, ce sont toujours les messieurs qui préparent le dîner des touristes ! C’est très bien..) Nous, c’est 4 personnes, Ahmed, un couple charmant à qui nous faisons visiter le désert, et moi-même.

Plaines roses de l'EstOn entend un léger bruit de pas, accompagné de bruits divers, à quoi on reconnait avant même de l’avoir vu la qualité du visiteur. Et en effet, c’est bien un dromadaire, qui d’un pas nonchalant franchit la porte du camp.

C’est un mâle, très grand, et il s’avance lentement, en jetant des coups d’oeil de droite et de gauche, l’air inquisiteur et vaguement méprisant. Et voilà qu’il s’arrête au beau milieu du camp, juste devant la grande tente bédouine, écarte les pattes arrière, et nous gratifie de tout ce qu’il peut, et en belles quantités.. !

Le chameau !

Ahmed le gronde, mais le grand escogriffe l’ignore superbement, il flaire un à un nos cageots et cantines, visiblement il cherche à manger. Ahmed apprécie peu et tente de l’éloigner, en vain.

L’animal commence à fouiner partout, il se sent ici « chez lui » et nous le fait savoir.

Nous trois, les français, on commençait à rigoler ferme, mais Ahmed ne rigolait pas.

Le voilà qui se fâche réellement, cris et grands gestes à l’appui. Le dromadaire, dérangé, se met à blatérer très fort en agitant son long cou puissant.

Il est mécontent, et il tient à nous le faire savoir.

Le voici se retourne pour nous présenter son derrière, en relevant la tête autant qu’il peut, plante ses pattes arrière bien loin l’une de l’autre.. et remet ça !

C’est-à-dire qu’il pisse et chie là, à trois mètres de la nourriture, et aucun doute, il le fait exprès.

« He means it », dit-on en anglais.

Nous on était morts de rire, sauf Ahmed qui était très en colère : il a crié très fort avec de grands tournoiements des bras.. jusqu’à ce que la grosse bête, visiblement vexée, s’éloigne enfin, dans un grand dandinement.

Le lendemain, même heure, même endroit.

Les dames (Mady et moi) venons (exceptionnellement) d’éplucher quantité de légumes pour le plat du soir. Soudain les mêmes bruits que la veille se font entendre, en plus fort.. on se reagrde, on se marre déjà, tout doucement.

Ce sont cette fois deux dromadaires : un grand et un de taille légèrement inférieure.

On reconnait tout de suite le plus grand, c’est bien le visiteur de la veille, et ce soir il amène un copain avec lui.

Ils s’avancent tous deux, lentement, et.. le plus grand écarte ses pattes arrières et.. vous avez compris !

On est pliés de rire, même Ahmed, qui cependant n’apprécie pas plus que la veille ce comportement de malotru. Le deuxième dromadaire s’est abstenu : il a certainement reçu une meilleure éducation.

Chance : une pleine bassine d’épluchures de légumes cherche preneur.

Nous en renversons le contenu sur la roche plate.

Le copain, qui paraît plus jeune, se jette dessus.

Le grand mal élevé l’observe, examine les épluchures, l’air plus dédaigneux que jamais, en gobe toutefois quelques bonnes bouchées.. Puis il fait deux pas de côté, effectue un demi-tour, et nous offre son cul, ostensiblement, comme la veille.

Et devinez quoi, rebelote, il nous refait la totale abondamment, juste devant la « cuisine » !!!

On était tous pliés..

J’en ai pourtant vu un paquet, de dromadaires, depuis que je me balade dans le coin.. A Pétra aussi, il y en a un certain nombre, quotidiennement, sur le site. Jamais pourtant je n’ai vu ça.

Enfin, il sort d’où, ce chameau ?

Mais ce n’est pas tout.. !

A Wadi Rum, il y aussi l’âne buveur de pepsi et mangeur de sardines..

..a suivre..